Instructeur d'auto-école en flexi-job : ce qu'il faut savoir
Depuis le 1er janvier 2024, le système du flexi-job s'est étendu au secteur des auto-écoles. Concrètement, cela veut dire qu'il est possible d'exercer comme instructeur ou instructrice en marge d'un autre emploi, avec un régime fiscal et social avantageux. Voici comment ça fonctionne réellement, et à qui c'est destiné.
Le cadre légal
Le flexi-job est ouvert dans la Commission Paritaire 200 (employés), mais uniquement pour les employeurs dont l'activité principale est l'enseignement de la conduite de véhicules à moteur, enregistrée sous le code NACE 85.531. C'est une dérogation stricte, réservée spécifiquement à ce secteur, ouverte par la loi-programme du 22 décembre 2023.
Depuis le 1er juillet 2024, une limite s'applique également : le volume total de flexi-jobs chez un employeur ne peut pas dépasser 20 % du volume d'emploi total de cet employeur.
Qui peut réellement en bénéficier
Soyons clairs : le flexi-job n'est pas accessible à tout le monde sans condition. Pour prester en flexi-job, vous devez soit avoir déjà un autre emploi à 4/5 temps au moins chez un ou plusieurs autres employeurs, soit être pensionné.
Attention au calendrier — c'est le point que la plupart des candidats découvrent trop tard. La condition des 4/5 ne s'apprécie pas sur le trimestre où vous voulez travailler, mais sur le trimestre de référence T-3, c'est-à-dire trois trimestres plus tôt. Si vous venez de signer un contrat à 4/5, vous ne pourrez donc pas enchaîner immédiatement sur un flexi-job.
Deux autres règles méritent d'être connues avant de faire des plans. Réduire volontairement son temps de travail — passer d'un temps plein à un 4/5 pour remplir la condition — bloque l'accès au flexi-job pendant deux trimestres. Et vous ne pouvez pas cumuler un flexi-job avec un autre contrat chez le même employeur : impossible, donc, de faire du flexi-job dans l'auto-école qui vous emploie déjà.
Les pensionnés échappent à la condition du trimestre de référence : leur situation s'apprécie sur le trimestre en cours.
Ce n'est donc pas une option pour quelqu'un sans emploi principal, ni pour un étudiant sans job à temps partiel conséquent ailleurs.
Pour qui c'est vraiment intéressant
- Les salariés à temps plein (ou à 4/5 temps au moins) dans un autre secteur, qui veulent arrondir leurs fins de mois en donnant des cours de conduite le soir ou le week-end
- Les pensionnés qui restent brevetés et souhaitent continuer à transmettre leur expérience sans reprendre un emploi classique
Faut-il quand même le brevet ?
Oui — le statut de flexi-job change uniquement la nature du contrat de travail et son régime fiscal et social. Il ne remplace en rien l'obligation d'être titulaire du Brevet II ou du Brevet III pour pouvoir enseigner légalement au sein d'une auto-école agréée.
Les avantages concrets
Le flexi-job permet à l'auto-école employeuse de faire appel à un renfort ponctuel de façon avantageuse fiscalement, ce qui en fait une option intéressante pour les écoles de conduite en manque de personnel breveté — et donc une porte d'entrée souple pour des instructeurs qui ne cherchent pas nécessairement un emploi à temps plein dans le secteur.
Le secteur est d'ailleurs officiellement en pénurie en Wallonie. Voir ce que ça recouvre.
Se préparer au brevet en parallèle de son job actuel
Si vous visez le flexi-job en complément de votre emploi principal, il vous faudra d'abord obtenir le Brevet II ou III. La préparation peut se faire progressivement, en soirée ou le week-end, à votre rythme.
Sources officielles
Les règles du flexi-job évoluent régulièrement, et le régime fiscal comporte des plafonds qui diffèrent selon que vous êtes pensionné ou non. Cette page donne le cadre général : vérifiez votre situation personnelle auprès des sources officielles ou de votre secrétariat social avant de vous engager.